Raddi Connect

#Gestion des déchets

Le concept

La première plateforme de collecte de déchets qui permet de récolter des fonds pour les ONG à Mumbai

Stages/Bénévolats

Possibilité d’accueillir un stagiaire motivé

Le 12 mars, nous avons rencontré Rahul Nainani, co-fondateur de Raddi Connect, pour discuter avec lui de la situation actuelle à Mumbai concernant la gestion des déchets et de la manière dont son entreprise répond à cette problématique.

Rahul a grandi à Mumbai. Il a étudié et obtenu son diplôme en finance, puis a décidé de démarrer une entreprise avec son ami d’université, Gurashish Sahni. Après de longues séances de brainstorming, ils se sont mis d’accord sur une idée et l’ont présentée lors d’un Start-up week-end. Ils ont remporté la première place, ce qui les a encouragés à lancer leur entreprise. L’idée a ensuite évolué pendant 9 mois de recherche et en août 2015 Raddi Connect est né.

Le traitement des déchets à Mumbai

Mumbai possède plus de 132 hectares de décharges. La gestion des déchets existe dans la ville grâce aux waste pickers* : des personnes qui récoltent les déchets recyclables des poubelles ou les achètent aux citoyens pour les revendre aux grossistes. Contrairement aux pays occidentaux, où le recyclage est obligatoire et payant (sous forme de taxes ou amendes), ici, les déchets recyclables (plastique, papier, verre et métal) sont considérés comme une ressource. Les citoyens sont donc payés pour les recycler. Les waste pickers  stockent ces déchets dans leurs petits magasins avant de les vendre aux grossistes. Ces derniers collectent d’énormes volumes de déchets et les vendent ensuite à des usines de recyclage.

Une journée typique pour un waste picker :

  • Acheter des déchets aux citoyens
  • Les stocker par catégorie dans leurs magasins
  • Vendre aux grossistes. Avec cet argent, ils peuvent commencer une nouvelle journée.

Cette procédure rend les waste pickers très dépendants des grossistes, qui profitent de la situation pour leur acheter des déchets à bas prix. Pourquoi cela ? Plusieurs raisons :

  • Il y a très peu d’espace dans leurs magasins (5 à 15m2) pour stocker les déchets recyclables. Ils doivent donc les vendre avant la fin de la journée pour reprendre leur activité le lendemain matin et stocker à nouveaux des déchets.
  • Pour pouvoir payer les clients le lendemain matin, ils doivent vendre leur marchandise la veille au soir. / dans la soirée
  • Les grossistes ont la main mise sur les waste pickers.

*Waste pickers = collecteurs de déchets

Raddi Connect, une entreprise qui veut donner plus de pouvoir aux waste pickers et encourager les gens à recycler

 

Raddi Connect veut redonner l’avantage aux waste pickers, qui sont ceux qui gagnent le moins. Pour cela, ils normalisent les prix et les marges pour la vente des déchets. Ils fournissent également des cartes d’identité et des carnets de factures aux waste pickers de l’entreprise appelés les Raddi collectors. L’objectif est de les sortir de la pauvreté, de leur donner du crédit et de les aider à gagner de l’argent. Avec ce système, ils espèrent créer un équilibre entre clients, grossistes et waste pickers.

Recycle for a cause

Les citoyens ne reçoivent généralement que 2 à 3 dollars en échange de leurs déchets. Par conséquent, plutôt que de leur donner cet argent, Raddi Connect propose de le donner à des ONG et à diverses œuvres caritatives. De cette façon, ils donnent aux citoyens l’opportunité de soutenir une cause sociale. Les citoyens peuvent également choisir d’obtenir des coupons de réduction en échange de leurs déchets.

Raddi Connect fonctionne comme une plateforme Uber. Ils travaillent avec des vendeurs de déchets à travers la ville de Mumbai et les relient aux consommateurs, qui peuvent commander des pick-ups sur leur site web, pour venir collecter leurs déchets.

Leur activité s’est également étendue au Business to Government (BtoG) et au Business to Business (BtoB), pour aider les petites et grandes institutions (Corporate Offices, écoles, hôtels, banques, centres commerciaux, gymnkhanas, petites entreprises, magasins de détail/en gros, …) à recycler leurs déchets, en leur offrant un service gratuit de collecte à domicile, et autres services spécialisés tels que audits, plans de recyclage, ateliers avec les employés, rapports de répercussions…

De la même manière que pour les citoyens, les organisations peuvent choisir de recycler pour une cause (don à des ONG), ou de recycler pour des biens faits de matériaux recyclés (sacs imprimés, stylos, enveloppes, etc.).

*Recycle for a cause = recycler pour une cause

Les quatre piliers de Raddi Connect :

  1.      Sensibiliser la population. C’est leur plus grand défi car, ici, la population n’est pas très préoccupée par la gestion des déchets, “out of sight, out of mind”*. Raddi Connect veut responsabiliser les habitants et en faire des consommateurs avertis en leur donnant les connaissances de base sur les déchets.
  2.      Incorporer l’économie informelle au marché. Cela implique d’inclure les waste pickers dans la boucle de la gestion des déchets. 50% des déchets sont recyclés à Mumbai. Parmi ces 50 %, 90 % le sont de manière informelle. C’est une nécessité d’incorporer cette économie pour valoriser la contribution des waste pickers : sans eux, il n’y a pas d’infrastructure de recyclage.
  3.      Construire des infrastructures. Physiques, intellectuelles mais aussi des changements dans les politiques.
  4.      Passer d’une l’économie linéaire à une économie circulaire.  Pour Raddi Connect, c’est une vision à long terme et une réflexion à mener depuis la création de chaque produit, en y réfléchissant à partir de la fin de vie d’autres produits. Les normes et les politiques doivent changer pour accroitre et faciliter le recyclage de chaque produit. Les grandes entreprises doivent assumer la responsabilité de leurs déchets et créer un écosystème de recycleurs. Toutes les parties prenantes doivent être mobilisées et travailler ensemble pour un changement durable.

* out of sight, out of mind = hors de la vue , hors de l’esprit

Impacts et avenir de l’entreprise

 

Aujourd’hui, l’entreprise compte 9 personnes à temps plein, 17 ouvriers et waste pickers sous contrat, quelques stagiaires et 150 raddiwallas (vendeurs de déchets). Chaque année, environ 900 tonnes de déchets sont collectées. Pour l’avenir, ils prévoient d’étendre leur activité dans au moins trois autres villes, et de collecter 4000 tonnes de déchets par an.

Des initiatives comme Raddi Connect facilitent la gestion des déchets en Inde. Même s’il y en a déjà quelques-unes, il en faut davantage pour améliorer la situation du pays en matière de déchets.