Le concept

FAIR[e] un monde équitable est un mouvement de consommateurs engagés pour une consommation plus responsable, particulièrement sur le volet du  commerce équitable.

Stage/Bénévolat

Le mouvement est toujours intéressé par de nouveaux membres !

Origine du projet

En 1992, des acteurs associatifs ont créé l’association Max Havelaar France pour gérer et promouvoir le label Fairtrade / Max Havelaar. Des comités locaux se sont constitués pour faire connaître le commerce équitable et encourager son essor. *

En 2008, l’association Max Havelaar France et les associations locales de bénévoles lancent une vaste réflexion appelée « plus de CEL dans nos régions » (CEL = commerce équitable labellisé).  Cette réflexion a amené les associations et correspondant-e-s locaux-ales à prendre conscience de la nécessité de créer un mouvement autonome, partenaire de Max Havelaar France mais indépendant. Leur ambition est de se rassembler, pour mieux appuyer les bénévoles qui souhaitent agir pour développer le commerce équitable dans le cadre d’une consommation responsable. 

Ce mouvement a choisi le nom « FAIR[e] un monde équitable » en 2011 et un mode d’organisation souple qui encourage la diversité et l’autonomie locale tout en assurant une cohérence d’ensemble au niveau national. L’objectif est ainsi de donner à chaque structure ou individu la possibilité de trouver, au sein de ce mouvement, sa place et les moyens d’agir en fonction de ses motivations. L’association agit en France, sur un mode de gouvernance partagée.

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Descriptif du projet

Nous avons eu le plaisir de discuter avec Carole, chargée de projet, et Natacha , travaillant pour “la campagne génération équitable” au sein de  l’association FAIR[e] un monde équitable.

Pour ce qui est du fonctionnement, l’association compte 7 personnes à plein temps (4 salariés et 3 services civiques).

Il nous semble important de vous faire tout d’abord un rappel sur ce qu’est le commerce équitable car il est au centre de toutes leurs actions.

Le commerce équitable s’inscrit dans la loi ESS2014.  Il est une alternative au commerce mondial dominant qui permet aux petits producteurs, principalement des pays du sud, de vivre décemment de leurs travail,  en garantissant un prix juste minimum rémunérateur supérieur au coût de production. Mais il y a d’autres critères tels que : 

  •  La prime aux projets collectifs : qui permet de se réunir en coopérative pour : défendre leurs droits, investir dans de bons outils, s’accorder sur les prix 
  • Une relation de longue durée avec des contrat pluriannuel de minimum 3 ans ce qui évite que les négociants puissent  revoir leur prix à la baisse L’organisation démocratique qui leur permet d’avoir plus de pouvoir et donc de pouvoir davantage négocier
  • La traçabilité et la transparence, qui permet au consommateur.trice d’identifier l’origine du produit
  • Enfin cela permet de sensibilisation des consommateurs

Le commerce équitable ne se limite pas à sa fonction économique et sociale mais permet par ailleurs de favoriser la transition écologique.  La prime aux projets collectifs garantie aux producteur.trice.s leur permet d’investir dans de meilleurs outils et donc d’assurer plus facilement la bascule vers des modèles plus vertueux ( l’agroforesterie, l’agroécologie). Cette prime permet d’investir dans  l’agriculture biologique : 90% des produits équitables sont bio. 

FAIR[e] un monde équitable porte plusieurs campagnes, une qui a pour vocation de sensibiliser les étudiant pour qu’ils deviennent les représentants d’une “génération équitable”, et une autre campagne qui sensibilise les restaurateurs.

Le mouvement sensibilise à travers différents moyens d’action :

  • En fournissant des outils pédagogiques notamment pour inciter les étudiants et restaurateurs à changer leur pratique
  • Valoriser les changements de pratiques en communiquant et en rendant visible ces dynamiques inspirantes
  • Interpeller certaines marques (comme Lavazza)  pour dénoncer les pratiques peu vertueuses et celles assimilées à du fairwashing. Cet axe a pour but de  susciter des réactions et provoquer un changement

Sa définition du développement durable

“Le développement durable et le commerce équitable sont indissociables. Le développement durable fait partie intégrante des missions et du travail de Fair[e]. Les deux notions sont liées : pour construire un monde plus juste, il faut un monde plus équitable.

Le développement durable c’est aussi un engagement sur lequel nous allons tendre de plus en plus et sur lequel on doit tendre de plus en plus. 

C’est un engagement pour la planète mais aussi pour l’humain. Le commerce équitable parle surtout de l’humain mais la réalité est que l’humain n’est rien sans une planète. Il faut penser à ceux qui vont nous suivre, et au-delà de cela, il faut aussi remercier la planète pour ce qu’elle nous a offert. Le développement durable est intrinsèquement lié à une notion de respect.”

 

Son engagement dans le développement durable

Ils sont engagés de différentes manières mais voici quelques exemples à travers deux de leurs campagnes.

La campagne Génération équitable créée en 2018. Elle accompagne les étudiants sur les campus en fonction de leurs besoins et de leurs objectifs.  Ils peuvent notamment les accompagner sur la mise en place d’ateliers, des journées de sensibilisation, des changements de pratique sur campus (ex : une machine à café éthique par exemple, des tee-shirt ou pull de promotion en coton équitable etc.)

Ils organisent :

  • Des rencontres “génération équitable”, ce sont des journées de formation et de co-construction
  • Des soirées inspir : des moments d’échange, d’inspiration en parlant des projets de chacun
  • Le défi national pour mobiliser tous les campus de France. Par exemple le défi “pas d’équité pas de café” organisé sur campus et en distanciel les deux dernières années.  Les étudiant.es ont affiché des panneaux sur le fonctionnement de la filière pour sensibiliser et interpeller,  ont pu, pour certains, boycotter des machines à café etc.  Un appel à projet innovant pour aider et récompenser les projets étudiants qui souhaitent mettre en place un projet novateur. Parmi les projets plébiscités, un projet d’épicerie solidaire et équitable, un projet de tour de voyage à travers l’europe pour découvrir les pratiques équitables. Ils donnent aussi des bourses pour que les projets puissent voir le jour. Par exemple, un projet a pour but de composer des paniers pour les étudiants avec des produits issus du commerce équitable et une bourse leur a été délivrée pour  mener à bien ce projet.

FAIR[e] un monde équitable porte par ailleurs une autre campagne “l’addition” (+ juste + saine + durable)  une incitation et un accompagnement au changement lancée en 2021. Elle conseille et valorise les lieux comme les bars, restaurants, cafés, et espaces de co-working qui proposent des produits biologiques/locaux/anti-gaspillage/équitables.  Pour cela, ils travaillent avec d’autres associations, chacune spécialisée dans un des secteurs cités, et ils vont pouvoir informer les gérants, les accompagner et faciliter leurs démarches notamment grâce à un catalogue fournisseurs qui recense tous les produits dans ces gammes, et des kits d’action. Enfin, ils vont pouvoir valoriser ces démarches et leur donner de la visibilité via des articles de presse.

Les campagnes portées par l’association se poursuivent d’une année sur l’autre : le changement est un processus qui prend du temps !

Pour ce qui est du financement pour “génération équitable” c’est notamment un financement de la part de l’AFD (agence française du développement). Mais en général ils peuvent se développer principalement grâce aux subventions publiques, et les cotisations des adhérents dans une moindre mesure.

Réplicabilité

Le projet dure depuis plus de 10 ans ! La société civile est engagée, tant du côté des jeunes que du côté des professionnel.les. Des progrès sont notables : de plus en plus de citoyen.ne.s se sentent concerné.es et consomment autrement… d’autant plus dans ce contexte sanitaire, où les prises de conscience s’accélèrent ! Pour autant, le commerce équitable peut potentiellement être relégué au second plan face à d’autres enjeux, tel que l’enjeu climatique. Un autre frein au  développement de l’association est la bonne volonté des citoyens et les dons qu’elle reçoit. En effet, elle n’est rien sans des gens engagés et un mouvement citoyen. Un des objectifs de l’association est de rendre le commerce équitable attrayant et en faire une priorité pour la société.