Le concept

Projet pour l’éducation et la protection des jeunes vivant sur la plus grande décharge à ciel ouvert d’Asie du sud-est.

Qu’advient-il de vos poubelles, une fois collectées par les services publics?

Dans la conurbation de Jakarta, et ses 25 millions d’habitants, la fin du parcours pour une grande partie des déchets s’appelle Bantar Gebang, aka la plus grande décharge à ciel ouvert d’Asie du sud-est.

Pour vous, nous sommes allés visiter cette montagne puante, et y avons rencontré Resa, la fondatrice de The Kingdom Of BGBJ: Bantar Gebang Biji, “The Seeds of Bantar Gebang”.

 

 

Quelques 6000 familles vivent dans cet environnement de 110 hectares où sont déversés plus de 8000 tonnes de déchets chaque jour.

Resa a grandit ici, à l’époque ou la décharge n’atteignait pas encore le pas de sa porte, et a eu la chance d’aller étudier dans une école musulmane où elle apprend entre autres l’anglais et l’arabe. Faute de pouvoir poursuivre ses études en médecine comme elle le souhaitait, Resa retourne à Bantar Gebang pour y monter une activité de recyclage de plastique. Cependant son éducation lui a ouvert les yeux sur la situation des habitants de la décharge, et elle décide de commencer une action d’éducation et d’émancipation, spécialement à destination des enfants.

En effet, les familles ici sont enfermés dans un cercle vicieux de pauvreté. Leurs revenus sont très faibles et issus de l’activité principale: récolter des déchets récupérables et les vendre aux usines de recyclage. Les familles préfèrent garder leurs enfants auprès d’eux pour travailler et augmenter leurs revenus, plutôt que de les envoyer à l’école. Le niveau de richesse, d’éducation et de compétence reste donc très faible, et limite drastiquement les opportunités pour les habitants.

Avec l’aide d’un ami britannique, Resa transforme en 2014 son local de recyclage en maison d’hôte, et lieu de rencontre et d’éducation pour les habitants de la décharge.

Resa aidée de quelques amies, y donne des cours d’anglais, d’informatique, de créativité artistique, de yoga ou de boxe, en plus de cuisiner pour les enfants ou les éventuels visiteurs curieux de rencontrer cette initiative atypique. Car Resa reçoit de nombreux visiteurs étrangers, et partage avec eux son amour et sa passion pour le développement communautaire. Des tarifs sont affichés pour un séjour donné, mais chacun donne selon ses moyens et est encouragé à partager lors des ateliers communautaires. Une boutique apporte aussi des revenus supplémentaires. Resa y a transformé la décharge en véritable marque digne des centres commerciaux de Jakarta. Elle y vend t-shirts, casquettes et stickers de BGBJ, des meubles et accessoires d’intérieurs fabriqués dans son atelier, et même dernièrement un soin corporel : le baume du voyageur. Ironiquement, les théories du marketing à l’origine de la montagne de déchets sur laquelle ces personnes vivent, leur servent à attirer l’attention et à essayer d’améliorer leur sort.

Resa souhaite donc transformer son initiative en véritable entreprise sociale qui transformera la communauté en offrant éducation, conditions de travail décentes, savoirs-faire, et le plus important: l’espoir d’un avenir meilleur. Cette philosophie est résumée à travers le nom de la communauté. Les graines de Bantar Gebang, plantées et cultivées avec amour, se développeront en arbres solides et résistants, qui donneront d’autres graines à leur tour…